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« Chaque fille a le droit de choisir qui elle veut devenir » : la situation des filles au Gabon

« Chaque fille a le droit de choisir qui elle veut devenir » : la situation des filles au Gabon

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« Chaque fille a le droit de choisir qui elle veut devenir » : la situation des filles au Gabon

calendar_today 11 octobre 2025

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FILLE
JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FILLE

Éditorial du Bureau du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Gabon

Chaque fille mérite d’être protégée, respectée et soutenue pour accomplir ses rêves. Au Gabon, comme ailleurs, ce principe universel se heurte à des réalités concrètes : obstacles persistants à l’éducation, accès limité à la santé sexuelle et reproductive, prévalence préoccupante des grossesses précoces et persistance des violences sexistes.  Ces défis réduisent les horizons d’une partie des jeunes filles du pays et compromettent leur plein potentiel. 

Pour que l’espoir devienne opportunité, il faut à la fois écouter les filles et investir dans les services qui leur permettent de grandir en sécurité et en dignité.

L’éducation : une porte d’accès, mais des pertes en cours de route

Le système éducatif gabonais a enregistré des progrès notables, mais des disparités subsistent.. Le profil SDG/UNESCO pour le Gabon indique que le taux de complétion du cycle du secondaire reste inférieur à 31,7%, et chute davantage pour les filles issues des zones rurales ou de milieux modestes. Ce qui signifie qu’un grand nombre d’enfants et notamment de filles n’achèvent pas les cycles qui leur ouvriraient l’accès à des opportunités professionnelles solides. La scolarisation reste l’un des leviers les plus puissants pour briser le cycle des inégalités.
Investir dans la rétention scolaire, les bourses ciblées, les cantines scolaires, ou encore des mécanismes de transport sécurisé peut transformer durablement la trajectoire des jeunes filles gabonaises.

La santé sexuelle et reproductive : un enjeu central pour les adolescentes au Gabon

Selon les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDSG 2019–2021), près d’une jeune fille sur cinq âgée de 15 à 19 ans (19 %) a déjà commencé sa vie reproductive, dont 16 % ont déjà eu une naissance vivante et 3 % sont actuellement enceintes de leur premier enfant. Cette proportion augmente fortement avec l’âge, passant de 3 % à 15 ans à 43 % à 19 ans. Ces grossesses précoces entraînent souvent une descolarisation, une vulnérabilité économique accrue et des risques sanitaires évitables. 

Par ailleurs, les besoins non satisfaits en planification familiale demeurent très élevés (49 % chez les jeunes femmes en union), exposant les adolescentes à des grossesses non désirées, à des avortements à risque et à des complications obstétricales évitables.Par ailleurs, seules 70 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans connaissent les principaux moyens de prévention du VIH. La prévalence du VIH atteint 1,6 % chez les 15–19 ans et 2,0 % chez les 23–24 ans.

Face à ces défis, l’UNFPA œuvre aux côtés du gouvernement et de ses partenaires pour renforcer l’accès des adolescentes à l’information, à la contraception, à une éducation sexuelle complète et à des services de santé respectueux de leurs droits et de leur intimité des leviers essentiels pour leur permettre de grandir en santé, en sécurité et en autonomie.

Violence sexiste, consommation de substances et vulnérabilités adolescentes

Les adolescentes au Gabon sont également confrontées à d’autres risques liés à la violence sexiste, au harcèlement scolaire et à la consommation de substances psychoactives.

Une étude du Programme national de santé mentale (2014) estime que 10,4 % des jeunes de 13 à 15 ans consomment des substances psychoactives, avec un âge moyen du premier contact à 14,5 ans. Ces comportements, combinés aux violences sexuelles et psychologiques, altèrent la santé mentale et les perspectives scolaires des adolescentes.

L’UNFPA plaide pour une approche intégrée de la santé et de la protection des jeunes, fondée sur la prévention, l’éducation et la création d’espaces sûrs dans les écoles et les communautés. Promouvoir le dialogue, la sensibilisation et la tolérance zéro face aux violences, tout en renforçant l’accès à un accompagnement psychosocial et à des services de santé adaptés, est essentiel pour garantir aux filles un environnement d’apprentissage sûr et propice à leur épanouissement.

Les Jeunes filles gabonaises : actrices du changement 

Les Jeunes filles gabonaises : actrices du changement Malgré les obstacles, les filles et adolescentes gabonaises font preuve d’un leadership remarquable. Elles s’organisent au sein de clubs de jeunes, d’associations et de réseaux communautaires pour promouvoir la santé, l’égalité et la participation citoyenne. Ces initiatives, souvent portées par les jeunes elles-mêmes, sont des vecteurs puissants de changement social.

Investir directement dans les organisations dirigées par des filles et des jeunes femmes est l’une des approches les plus efficaces pour garantir que les réponses soient pertinentes, durables et culturellement ancrées. 

Que faire ? Quatre pistes d’action prioritaires

  1. Renforcer l’éducation inclusive et la rétention scolaire des filles, notamment à travers des bourses ciblées, des programmes de rattrapage et un environnement scolaire protecteur.

Assurer l’équité géographique dans l’accès à l’éducation grâce à des programmes innovants, tels que les cantines scolaires, le transport sécurisé et le soutien communautaire, afin que chaque fille — où qu’elle vive — puisse poursuivre sa scolarité dans des conditions sûres et favorables à l’apprentissage.

  1. Garantir l’accès à l’information, à la protection et à la prévention à travers une éducation sexuelle complète, fondée sur les droits humains et les preuves scientifiques, mise en œuvre dans les écoles et les espaces communautaires.

Renforcer les compétences de vie, la connaissance du corps, la prévention des grossesses précoces et des infections sexuellement transmissibles, ainsi que la lutte contre les violences sexistes.

  1. Garantir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive adaptés aux adolescents et aux jeunes, en formant les agents de santé, en améliorant la couverture géographique et en luttant contre la stigmatisation.

Promouvoir des services confidentiels, respectueux et accessibles, notamment dans les zones rurales et périurbaines, afin de répondre aux besoins spécifiques des adolescentes.

Soutenir les organisations locales dirigées par des filles et des jeunes femmes, par un financement direct et un accompagnement technique et un renforcement de leurs capacités de plaidoyer, pour que leurs voix orientent les politiques et les programmes..

Ensemble, pour que chaque fille puisse choisir son avenir

En cette Journée internationale des filles, le message est clair : célébrer les filles, c’est investir dans leur avenir

Au Gabon, les progrès sont réels, mais les écarts restent  préoccupants. Pour que chaque fille puisse « choisir qui elle veut devenir », il faut des politiques publiques soutenues, des financements ciblés et, surtout, la voix et le leadership des filles elles-mêmes au cœur de chaque action. Engageons-nous à agir avec elles et pour elles — non pas à leur place, mais à leurs côtés.